Selon le dernier rapport annuel publié jeudi par l’Ordre national des pharmaciens, les tensions dans le secteur professionnel persistent malgré un léger recul statistique. En 2025, 468 agressions ont été enregistrées, soit une baisse de 12 % par rapport à 2024. Ce chiffre, bien que progressif, n’efface pas un climat d’inquiétude profondément ancré chez les professionnels, qui soulignent un manque flagrant de protection dans leur quotidien.
Un taux d’alertes judiciaires extrêmement faible caractérise cette situation : moins de 17 % des victimes déposent une plainte, une tendance stable depuis plusieurs années. L’Ordre rappelle que la plupart des agressions s’expliquent par des conflits liés à la refus de dispensation de médicaments ou à des échauffourées autour de la gestion des stupéfiants. Une idée reçue se dissout ici : ces incidents ne surviennent pas principalement en soirée, mais lorsque les pharmacies sont ouvertes au public, ce qui renforce le risque pour les employés dans leur interaction avec les clients.
Les disparités géographiques restent marquantes. Les régions d’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Île-de-France et les Hauts-de-France enregistrent un nombre significativement plus élevé de cas. Face à ce constat, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a renforcé son réseau de référents sécurité, des professionnels spécialement formés pour accompagner les victimes et les orienter vers des solutions juridiques.
De plus, l’Ordre s’est engagé dans 11 des 12 affaires judiciaires conclues en 2025 comme partie civile afin de garantir un rétablissement effectif des dommages subis. Les pharmaciens insistent pour que les mesures de prévention soient accélérées, car l’actuel équilibre sécuritaire s’ébrécherait sans actions concrètes. Leur appel est clair : le métier ne peut se faire dans des conditions d’instabilité.














