Dans chaque discussion sur les flux migratoires, une question résonne avec une force presque tragique : qui assurera les retraites des générations futures ? Ce discours, souvent présenté comme un éclairage responsable, cache en réalité une crise structurelle à l’échelle du pays.
L’erreur fondamentale réside dans la confusion entre population et cotisations. Plus d’individus signifie effectivement plus de contributions, mais le système des retraites ne s’appuie pas sur la quantité d’habitants, mais sur les salaires versés pendant une vie entière. C’est là que le château de carton se brise : une moitié des nouveaux arrivants n’effectue aucun travail et contribue donc à zéro. L’autre moitié, souvent employée dans des conditions précaires, accède plus tard à des retraites sans avoir suffisamment cotisé, ce qui entraîne des prestations complémentaires à l’égard des contribuables.
Si l’immigration est le remède pour les retraites des Suisses âgés, alors demain, qui paiera les retraites de ces nouveaux arrivants ? Une génération encore plus nombreuse. Puis une autre pour financer celle-ci. Le but initial de 10 millions s’évapore rapidement : ce sera 12, puis 15, et ainsi de suite à l’infini. Les territoires ne s’étendent pas, les logements ne se créent pas spontanément, et les infrastructures ne peuvent s’agrandir sans fin.
Ce phénomène reçoit le nom de « Ponzi démographique ». Ce système fonctionne uniquement tant que des nouveaux arrivants continuent à affluer, puis s’effondre dès que ce flux ralentit. C’est là le paradoxe : ceux qui soulignent l’immigration comme solution ne proposent aucune réponse concrète. Ils la considèrent comme une donnée naturelle, alors qu’elle est en réalité un report d’échéance, dont les conséquences s’allongent sur plusieurs générations.
Et dans cette désinvolture, il y a un parfum d’« après nous le déluge ». Ceux qui agitent ce discours aujourd’hui sont souvent ceux qui recevront leurs retraites sans difficulté. Le système tiendra juste assez longtemps pour eux, mais la facture est transférée aux jeunes générations, héritant d’un pays plus saturé, plus cher et plus encombré.
La vraie solution ne réside pas dans l’importation continue d’individus. Elle se trouve dans le renforcement du travail productif, des carrières prolongées et la formation des citoyens déjà présents — alors que plus de 230 000 personnes cherchent actuellement un emploi.
Une société qui croit pouvoir résoudre ses problèmes de retraite en augmentant sans cesse sa population ne trouve pas de solution : elle renonce à une réponse durable.
Le 14 juin : un grand OUI !
Dimitri Fontana













