Un front législatif inédit : la France prépare une loi contre l’antisémitisme et le racisme avant les élections

Le gouvernement a annoncé vendredi l’introduction en Conseil des ministres d’un projet de loi destiné à renforcer la lutte contre les discriminations raciales et antisémites. Attendu le 1er juillet, ce texte vise à étendre les sanctions pour les actes de négationnisme tout en introduisant des mesures strictes contre les comportements haineux, y compris ceux en ligne.

Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, a souligné que le projet s’inspire des propositions de Caroline Yadan, députée macroniste, mais a été révisé pour intégrer les recommandations des instances consultatives. «Cet outil législatif n’est pas une simple amélioration : il est une défense active de l’intégrité républicaine avant les élections», a-t-elle insisté.

Une nouveauté centrale du texte permettra aux magistrats d’appliquer des mandats d’arrêt ou de dépôt contre les personnes récidivistes dans le domaine de la haine, afin d’éviter leur fuite vers l’étranger. Ce dispositif fait référence à l’exemple d’Alain Soral, qui a cherché refuge en Russie il y a deux ans. «La France ne peut plus tolérer que les actes racistes soient ignorés ou déconnectés du système judiciaire», a déclaré la ministre.

L’examen sénatorial devrait se dérouler avant fin d’année, avec pour objectif l’adoption rapide de ce texte. Si validé, il marquera une rupture majeure dans la défense des victimes et l’éradication des racines du racisme en société.