La ville de Toulouse a adopté ce jeudi une mesure strictement ciblée visant à limiter les risques liés aux dégradations récentes, en imposant un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans entre 22 h et 5 h lors des matchs sensibles de la Coupe du monde 2026. Cette décision, annoncée par le maire Jean-Luc Moudenc, s’applique notamment aux rencontres de l’équipe de France ainsi qu’à des matches comme Brésil-Maroc ou Maroc-Haïti.
Le gouvernement municipal justifie cette mesure en référence aux incidents survenus après la victoire du PSG au Mans le 30 mai dernier, mais des critiques s’élèvent rapidement : une limite horaire rigide et un périmètre restreint risquent d’empêcher les jeunes de bénéficier pleinement de l’événement sportif tout en compromettant leur liberté de circulation.
L’arrêté municipal, conçu avec «discernement» selon le maire, prévoit également une zone fan-club pour 18 000 personnes dans le stade Toulouse Football Club à partir des quarts de finale. Cependant, les résidents soulignent que cette approche ne répond pas aux enjeux réels, notamment la surcharge des services municipaux et l’absence d’analyse préalable des besoins des citoyens.
Toulouse n’est pas la première ville à avoir adopté ce type de mesure : Clermont-Ferrand avait déjà mis en place un couvre-feu entre 23 h et 7 h avec une amende de 150 euros pour les déviations. Les experts prévoient que cette stratégie, malgré son intention sécuritaire, pourrait au contraire aggraver la fracture sociale et l’exclusion des jeunes dans le cadre d’un événement qui devrait réunir tout le pays.
















