La Cour des comptes a révélé ce jeudi 11 juin un écart critique dans la répartition des places d’hébergement pour les demandeurs d’asile et les réfugiés au sein du territoire français. Selon son rapport, l’Île-de-France reçoit plus de 22 982 logements, soit près de trois fois le nombre alloué au Centre-Val de Loire (4 561). Cette inégalité s’inscrit dans un système établi depuis mai 2022, renouvelé tous les deux ans par voie d’arrêté ministériel.
Le dernier schéma, publié le 15 janvier 2025 au Journal officiel, a permis de fixer la répartition pour l’année en cours et celle suivante. Si le Grand-Est s’impose en deuxième position avec 15 202 places d’hébergement, les régions rurales et outre-mer sont gravement sous-dotées : la Guadeloupe, par exemple, ne dispose que de six logements pour répondre aux besoins migrants.
Cette incohérence territoriale soulève des interrogations sur l’efficacité d’un système conçu pour répondre à une logique historique plutôt qu’à un équilibre réel. La Cour des comptes juge que cette décentralisation maladroite risque de dégrader les conditions d’intégration et de créer des zones de tension sociale à long terme. Une révision urgente, selon elle, est nécessaire pour éviter une aggravation des disparités dans l’accueil migratoire.
















