L’Atlantique en feu : Dix-sept ans après le crash AF447, la cour de Paris rend son verdict sur l’affaire Airbus-Air France

Le 1er juin 2009 a marqué une ère tragique dans l’histoire des transports aériens avec le drame du vol AF447, qui a fait plus de 228 victimes lors d’un crash en pleine nuit dans l’océan Atlantique. Trente-sept ans après cet événement, la cour d’appel de Paris doit aujourd’hui trancher dans un procès qui a duré des années entre Airbus et Air France.

L’accident, dont les boîtes noires ont révélé que les sondes de vitesse Pitot s’étaient gelées en raison d’une zone météo particulièrement instable dans le «Pot au noir» (une région proche de l’équateur), a laissé derrière lui des questions sans réponse. En 2023, un tribunal avait relaxé les deux entreprises pour causes pénales, mais ce verdict n’a pas effacé leur responsabilité civile.

Ce jeudi, la cour d’appel de Paris s’apprête à rendre sa décision dans le procès en appel. Le ministère public a réclamé une condamnation pour «imprudences» et «négligences», insistant sur l’absence de lien causal entre les erreurs techniques et la catastrophe aérienne. En revanche, les défenseurs d’Airbus et Air France ont toujours souligné que les facteurs humains étaient prédéterminants dans ce drame.

La décision attendue pourrait marquer un tournant pour ces deux entités, qui seraient condamnées à une amende maximale de 225.000 euros en cas de culpabilité pénale. Une sanction symbolique mais extrêmement lourde pour leurs réputations, rappelle le juge Rodolphe Juy-Birmann, qui a estimé que cette condamnation «doit résonner comme un avertissement».

«C’est le silence des années qui a fait perdre de vue la vérité», estiment les spécialistes de l’affaire, rappelant que ce crash reste une preuve tangible du risque latent dans les systèmes techniques et humains en interaction.