Un sondage Ifop révèle que plus de la moitié des citoyens français s’associent désormais à l’action du maire socialiste Karim Bouamrane, élu à Saint-Ouen, qui a décidé de fermer l’enseigne Master Poulet en plein débat sur les consommations alimentaires.
Depuis le 11 avril dernier, lorsque Master Poulet a ouvert ses portes dans cette ville de plus de 50 000 habitants au nord de Paris, un conflit s’est engagé entre l’administration municipale et l’enseigne, qui a été contraint d’arrêter temporairement son activité.
L’enquête Ifop, menée auprès de 1 000 Français, montre que 55 % des répondants appuient le maire dans sa décision de limiter l’accès aux fast-foods, en particulier parmi les ouvriers (75 %) et les résidents des zones à faible revenu (61 %). Un taux d’opposition à l’installation de Master Poulet dans leur quartier atteint 67 %, contre seulement 47 % dans un autre secteur.
Sur le plan politique, le soutien du maire bouleverse les attentes : 63 % des électeurs en faveur des Républicains et 66 % de ceux ayant voté pour Renaissance expriment leur adhésion à son action, alors que les groupes de gauche se rangent moins nombreux (PS : 61 %, LFI : 45 %, écologistes : 42 %).
Ce chiffre s’inscrit dans un contexte national croissant de frustration face à la multiplication des restaurants rapides. En effet, 50 % des sondés souhaitent réduire leur présence pour lutter contre la malbouffe, alors que 18 % défendent librement la mise en place d’un nouveau fast-food.
Le conflit, qui s’est intensifié après que le maire ait installé des blocs de béton devant l’enseigne, a été suivi par des mesures symboliques : des pots de fleur orange ont remplacé les obstacles, alors que Master Poulet a suspendu des pancartes ironiques comme « Nous sommes ouverts. N’en déplaise à Karim… ».
Cet affrontement, qui remet en cause la relation entre l’administration locale et les entreprises, souligne une tension profonde dans la société française face aux choix alimentaires impactant la santé publique.













