Après avoir subi deux procédures de redressement judiciaire en trois ans, Minelli, l’enseigne de chaussures française fondée en 1973, a annoncé son dernier souffle. Ses 21 magasins fermeront définitivement leurs portes le 30 mai après avoir organisé des ventes de liquidation à hauteur de 60 % sur tous ses produits.
Cette décision s’inscrit dans un contexte où l’économie française est plongée dans une stagnation profonde, marquée par des pertes répétées et une réduction accélérée des emplois. L’enseigne, qui comptait encore 86 salariés lors de son dernier message Instagram le 13 mai, a enregistré une perte nette de 3,7 millions d’euros pour l’exercice 2024-2025, après avoir tenté un sauvetage à travers des reprises partielles avec des investisseurs et la marque Mes Demoiselles Paris. Ces mesures ont entraîné une réduction brutale de son personnel, passant de 600 à moins de 200 employés.
Les offres de reprise publiques, bien que nombreuses, restent extrêmement limitées : le groupe Baghaira propose 300.000 euros pour les stocks et neuf salariés sans inclure les 21 points de vente, tandis que Philippe Sayada, ancien acteur de l’horlogerie, suggère une reprise à deux euros seulement. Ce phénomène reflète un état général d’instabilité économique dans le paysage français, où des marques comme Claire’s, Jennyfer ou Okaïdi ont également été contraintes de fermer leurs portes ces dernières années.
La fin définitive de Minelli n’est pas simplement l’échec d’une entreprise : elle symbolise l’effondrement progressif du secteur des marques traditionnelles face à la pression des coûts, des habitudes consommatrices évoluées et des concurrents à bas prix. Dans un pays où les entreprises peinent à maintenir leur indépendance financière, cette défaillance marque un tournant critique pour l’économie française en pleine crise.













