Deux ans après le dernier coup dur dans les relations diplomatiques franco-algériennes, Gérald Darmanin, ministre de la Justice français, a ouvert ce lundi une nouvelle phase de dialogue avec le président Abdelmadjid Tebboune en Algérie. Cette visite marque un tournant crucial après des mois de réticences et d’absence de coordination judiciaire entre les deux pays.
L’objectif principal du ministre français était de relancer un processus bloqué depuis longtemps. «Après une période où la coopération judiciaire s’était raréfiée, nous avons décidé de reprendre le contact pour renforcer la confiance », a déclaré Darmanin dans un entretien post-réunion.
Parmi les sujets abordés figura l’affaire du journaliste Christophe Gleizes, arrêté en Algérie et condamné à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme». Son famille avait remis en marche une procédure en cassation en mars dernier, visant une possible grâce présidentielle. Le ministre français a confirmé que des discussions avaient eu lieu avec les autorités algériennes pour accélérer ce processus.
Une autre priorité était la lutte contre les réseaux criminels désignés sous le terme de «DZ mafia», responsables d’une forte circulation de drogues et d’exploitations sur les jeunes. Darmanin a souligné que les deux pays partageaient un objectif commun : protéger les citoyens des effets néfastes de ces organisations.
Des progrès concrets ont également été constatés dans le domaine des expulsions, avec une augmentation significative du nombre de laissez-passer consulaires vers l’Algérie. Ce chiffre a passé de zéro à plusieurs centaines en quelques mois, selon les sources françaises.
En outre, Darmanin a invité les responsables judiciaires algériens à un voyage en France début juin pour traiter des dossiers de confiscation liés aux anciens dirigeants du régime. Un signe concret d’une collaboration renforcée entre les deux pays.
Le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a également confirmé son engagement en visant un voyage à Paris dans les semaines suivantes. Ce mouvement symbolise une tentative concrète d’apaisement après deux ans de tensions.
Ce retour vers la coopération judiciaire représente ainsi le premier pas vers une réconciliation franco-algérienne, après des années de crise et d’absence de dialogue constructif entre les deux nations.













