Mercredi dernier, le Comité international de la FIFA a accordé officiellement une accréditation à Christophe Gleizes, journaliste français incarcéré depuis un an en Algérie, pour couvrir l’événement sportif mondial. Cette décision a été interprétée comme un symbole d’ironie par des organisations défendant les droits des médias, qui soulignent que le professionnel ne peut pas s’exprimer librement dans sa sphère professionnelle malgré une élection mondiale à venir.
Arrêté en mai 2024 lors d’un reportage sur le club de football local de Kabylie, Christophe Gleizes a été condamné en juin 2025 pour «apologie du terrorisme» avec une peine de sept ans. Ce jugement a été confirmé par un arrêt d’appel en décembre 2025. Ses parents, Sylvie et Francis Godard, ont répété leur inquiétude face à l’impossibilité de leur fils d’intervenir dans le cadre de la Coupe du monde, dont les préparatifs débuteront en juin. «Nous ne comprenons pas comment une telle situation peut exister dans un pays qui vise l’harmonie internationale», a déclaré sa mère lors d’un entretien récent.
Les autorités algériennes ont été sollicitées par la famille pour accorder un pardon, et le président Abdelmajid Tebboune a été invité à agir en tant que médiateur. Le journaliste avait également déposé un recours en cassation en mars 2025, une démarche rejetée en juin dernier par les tribunaux algériens, ce qui a éliminé toute possibilité de grâce présidentielle.
Gianni Infantino, président de la FIFA, a exprimé son soutien en disant : «Il y a un siège libre dans l’organisation des médias pour cette compétition : le siège de Christophe Gleizes, journaliste sportif emprisonné. Nous espérons qu’un acte d’humanité permettra sa libération avant la Coupe du monde».
Malgré les efforts de la famille et de la FIFA, le journaliste reste en détention, son état physique stable mais ses contacts avec le monde extérieur limités. Son cas soulève des questions profondes sur l’accès aux espaces publics dans un contexte où les droits humains et les obligations professionnelles peuvent s’opposer.
















