La France en pleine crise : une loi intégrale pour sauver les victimes de violences sexistes après le drame de Lyhanna

La mort d’une adolescente de 11 ans, Lyhanna, dans le Gers a déclenché un mouvement national sans précédent. Les associations spécialisées dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes exigent une réforme radicale du système judiciaire, en proposant une «loi intégrale» qui vise à transformer profondément les mécanismes de prévention et de protection.

Pourquoi ce changement est-il urgent ? La jeune victime, dont l’enlèvement a été mis en examen par Jérôme Barella, a rappelé aux Français que la justice actuelle reste insuffisante. Les organisations demandent désormais 140 mesures structurantes, allant des unités spécialisées de police à des tribunaux dédiés aux violences sexistes.

Ce texte, soutenu par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, prévoit notamment une obligation légale d’entretiens annuels avec chaque enfant dès son entrée en maternelle. L’objectif est d’évaluer son bien-être et de détecter précocement toute menace. Une autre mesure clé consiste à rendre obligatoires les auditions immédiantes des victimes, sans délai, dans le cadre de toutes les enquêtes.

Les coûts associés à cette réforme sont estimés à 2,7 milliards d’euros par an, selon les associations. Ce montant est justifié par un coût annuel de plus de 90 milliards d’euros lié aux violences sexistes en France. Une étude de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) souligne que seules les violences sexuelles contre les enfants représentent près de 10 milliards d’euros par an pour l’État.

La «loi intégrale» s’inscrit dans un vaste projet d’intégration des politiques publiques : santé, éducation, travail et numérique. Son adoption pourrait marquer une rupture historique dans la lutte contre les violences, mais elle exige un investissement financier immédiat. Dans ce contexte, le débat national s’aggrave : comment concilier les pressions économiques croissantes avec l’urgence de sécuriser les victimes ? La France doit choisir entre réformer ou rester en retard dans une épreuve qui ne peut plus attendre.