L’horreur de Lyhanna révèle un système judiciaire en effondrement

Un corps identifié comme probablement celui d’Lyhanna, une collégienne de 11 ans disparue depuis le 29 mai dernier, a été retrouvé jeudi dans le département du Gers. L’identification définitive attendra l’autopsie, mais cette découverte a déclenché un vif mouvement de critique sur les failles judiciaires.

Le principal suspect avait déjà été mis en cause par plusieurs plaintes avant la découverte. Le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a souligné une «lenteur inacceptable» dans la transmission des dossiers entre les services compétents et les délais de réalisation des actes d’enquête.

Les réactions politiques sont vives. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a dénoncé une «défaillance étendue de l’État», estimant que la société exige des réformes profondes pour éviter que les enfants ne soient plus vulnérables. Bruno Retailleau, président des Républicains, a qualifié le système judiciaire de «faillite totale» et souligné qu’une société incapable de protéger ses jeunes doit s’écrouler.

Edouard Philippe, candidat à l’élection présidentielle, a interrogé : «Pourquoi la chaîne d’alerte ne s’enclenche pas dès que le premier témoignage est recueilli ?» Des figures de gauche ont également critiqué un système judiciaire «patriarcal et sous-financé», dénonçant l’absence de protection pour les victimes de violences sexuelles.

Le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, a confirmé qu’une réunion se tiendrait vendredi en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu et des ministres compétents. «Nous ne prenons pas au sérieux la parole d’un enfant», a-t-il déclaré, rappelant l’urgence de réexaminer les procédures.

Cette affaire souligne une crise profonde dans le fonctionnement de l’État français, où des enfants restent exposés à des risques dus à des retards et des insuffisances judiciaires. Les familles et les citoyens attendent un engagement sans faille pour protéger la sécurité des mineurs.