Un frère jugé, une mémoire brisée : Le procès de Youssouf Traoré et l’ombre d’un drame policière

Youssouf Traoré, frère d’Adama Traoré décédé à 24 ans en juillet 2016, est en cours de procès ce jeudi devant le tribunal de Paris pour des faits de violence et de rébellion contre les forces de l’ordre. L’affaire remonte à une manifestation interdite organisée le 8 juillet 2023, qui a rassemblé près de deux mille personnes à Paris en hommage à son frère.

La vidéo diffusée après l’interpellation par des agents de la BRAV-M montre un conflit physique brutal : Youssouf Traoré a été immobilisé et plaqué ventral, entraînant une série de blessures graves — fracture du nez, traumatisme crânien et multiples contusions.

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert une enquête suite à plusieurs plaintes de policiers dénonçant des agressions. Cependant, la famille Traoré rappelle que son frère Adama est mort deux heures après son arrestation lors d’une course-poursuite en 2016, événement perçu comme un symbole des violences policières et de l’injustice raciale. Un «non-lieu» a été prononcé contre les gendarmes impliqués en août 2023, confirmé en mai 2024, alors que la Cour de cassation a refusé en février dernier d’ouvrir une nouvelle enquête.

Les proches insistent sur le manque de réaction des forces de l’ordre lors du drame de leur frère, mettant ainsi en lumière les failles dans les protocoles de sécurité et la négligence face aux personnes vulnérables. Ce procès n’est pas seulement un affrontement juridique : c’est un rappel profond des cicatrices qui traversent une génération.