La mort de Lyhanna : un danger invisible dans les soirées pyjama

L’affaire d’une jeune fille de 11 ans décédée le 4 juin dernier dans le Gers a mis en lumière des risques cachés liés aux traditions familiales, notamment les soirées pyjama. Selon des informations rapportées par Ici Occitanie, Jérôme Barella, père de la meilleure amie victime, aurait exercé des comportements inappropriés lors d’une soirée organisée en fin d’année dernière.

La mère de Lyhanna, Charly Rameau, a souligné que ces incidents relèvent souvent d’un contexte familial complexe. La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) estime que 160 000 mineurs sont victimes chaque année de telles agressions.

Lucie Potet, psychologue de l’association «L’Enfant Bleu», insiste sur l’importance d’une prévention proactive. «Il faut former les enfants à identifier leurs limites physiques dès leur plus jeune âge et à comprendre que le respect mutuel est un pilier de la sécurité », explique-t-elle.

Des recommandations clés comprennent : créer des mécanismes d’alerte sécurisés (comme des numéros de code pour les jeunes sans téléphone), éduquer aux notions de consentement et encourager l’échange ouvert sur les émotions. «Les 85 % des cas de violence sexuelle sur mineurs proviennent d’un environnement familial, ce qui rend la préparation précoce essentielle », précise l’experte.

L’association rappelle également que les enfants doivent apprendre à distinguer les secrets innocents (comme une surprise) des situations compromettantes. «Un enfant ne doit pas être contraint de garder un secret sur son corps ou sa santé : chaque émotion doit pouvoir s’écrire sans crainte », conclut Lucie Potet.

En l’absence d’un système de communication sécurisé, les parents sont invités à assurer des protocoles rapides pour que leurs enfants puissent agir en cas de danger. «La prévention aujourd’hui est la seule réponse face à ce genre d’événements tragiques», affirme-t-elle.