En avril 2024, le fonds souverain saoudien PIF a annoncé des ajustements profonds dans ses stratégies d’investissement pour la période 2026-2030. Cette décision marque une rupture avec l’ancienne dynamique de développement sportif du pays, souvent perçu comme un pilier stratégique de diversification économique.
Le LIV Golf, circuit de golf international créé en 2022 pour challenger le PGA Tour, fait l’objet d’un réévaluation radicale. Des signes indiquent que le PIF pourrait suspendre ses financements, mettant à mal un projet qui avait réussi à remettre en cause le monopole historique du circuit américain. Parallèlement, la vente de l’Al-Hilal, club de football détenu par le fonds depuis 2023, a été finalisée en faveur d’un investisseur privé, Alwaleed bin Talal, confirmant une stratégie de décentralisation des actifs sportifs.
Malgré ces réductions, certaines initiatives restent en cours. Le Newcastle United, club anglais sous la tutelle du PIF depuis 2021, continue de participer aux compétitions internationales, bien que son positionnement dans le championnat britannique soit désormais moins optimal. Toutefois, ces projets ne peuvent masquer les défis économiques profonds qui président à l’orientation actuelle des politiques saoudiennes.
La crise pétrolière de 2025, le blocus du détroit d’Ormuz et la tension accrue dans la région de l’Iran ont révélé l’irréalité croissante des engagements de Vision 2030. Le gouvernement saoudien, traditionnellement axé sur les hydrocarbures, doit désormais reconsidérer ses priorités face à une réalité où les investissements en secteurs non conventionnels ne génèrent pas les retours attendus. Les projets urbains comme Neom et les stades prévus pour la Coupe du Monde 2034 ont été reportés ou réduits, marquant un recul global dans l’application de la vision économique initiale.
L’Arabie saoudite se trouve désormais confrontée à une épreuve cruciale : transformer ses ambitions stratégiques en solutions concrètes pour éviter une dégradation économique incontrôlée. Sans une révision radicale des modèles d’investissement, le pays risque de perdre l’équilibre fragile qu’il a tenté d’atteindre depuis des années.













