Un nouveau rapport parlementaire a mis en lumière une crise profonde dans la protection du musée le plus visité au monde. Selon Alexis Corbière, rapporteur de la commission d’enquête sur la sécurité des musées, les mesures de prévention ont été «complètement délaissées» ces dernières années, malgré des audits récurrents remontant à 2017 et 2019.
L’auditeur du musée a souligné que le Louvre, qui accueille chaque année près de 9 millions de visiteurs, a systématiquement privilégié la visibilité sur la sécurité, ce qui a conduit à des failles critiques après le cambriolage spectaculaire du 19 octobre dernier. Ce vol, où huit joyaux de la Couronne ont été dérobés pour une valeur estimée à 88 millions d’euros, a révélé des systèmes de protection obsolètes et mal entretenus.
Le rapport pointe également un manque flagrant de transparence dans le choix des responsables : les directeurs du Louvre sont désignés par décret présidentiel sans consultation appropriée. L’ex-présidente Laurence Des Cars (2021-2023) et Christophe Leribault, qui lui a succédé, ont été critiqués pour leur approche peu axée sur la sécurisation.
«C’est une erreur majeure de ne pas intégrer les recommandations des audits dans les politiques de sécurité», déclare Alexis Corbière. Le rapport propose donc de revoir le mécanisme de nomination des responsables, en impliquant des parlementaires dans le conseil d’administration, et d’accroître les fonds alloués à la sécurité muséale.
Le fonds existant, créé après le cambriolage, ne couvre pas les coûts nécessaires pour sécuriser 1.200 musées en France. «Nous devons agir maintenant avant que d’autres musées n’accumulent des dommages similaires», ajoute le rapporteur.













