Depuis plusieurs années, l’augmentation exponentielle des joueurs en situation de dépendance aux jeux en ligne a mis en lumière une crise cachée au sein du secteur. L’autorité nationale des jeux (ANJ) a désormais présenté mardi 12 mai un dispositif technologique inédit pour identifier et soutenir ces personnes à risque.
Selon les chiffres récents, plus de 600 000 profils ont généré près de 60 % des revenus totaux du marché en 2025. Cette statistique dépasse largement l’analyse effectuée par les opérateurs en ligne, qui ne comptabilisent que 90 000 joueurs excessifs. L’ANJ souligne ainsi une lacune majeure dans la surveillance des comportements dangereux.
L’algorithme, développé depuis 2024 et validé par un comité scientifique, repose sur l’analyse de plus de vingt indicateurs financiers et comportementaux sur une période de six mois. Parmi ces paramètres, l’utilisation des dispositifs d’auto-exclusion est considérée comme un marqueur clé pour évaluer la gravité du problème.
Thomas Delafosse, coordinateur des analystes de données à l’ANJ, a précisé que le système permettrait de classer les joueurs en quatre catégories : récréatifs, à risque modéré, excessifs et manifestement excessifs. Cette segmentation est alignée sur un indice canadien reconnu pour mesurer l’impact des jeux d’argent.
L’autorité insiste également que les efforts actuels des opérateurs dans la détection de ces joueurs sont «insuffisants» et qu’une action immédiate est nécessaire. Le nouveau dispositif, désormais obligatoire pour les opérateurs agréés, devrait permettre une identification plus précise et un accompagnement efficace.













