Depuis des décennies, un virus insidieux se répand silencieusement dans les zones boisées de l’Hexagone. Chaque année, plus de cent personnes subissent une infection hantavirale, sans que cette menace soit toujours reconnue par le grand public.
Les souches virales en question, comme le Puumala ou celui de Séoul, transmettent principalement via des rongeurs. Contrairement aux virus américains (mortalité estimée à 30 à 60 %), les variants européens présentent un taux de décès plus faible (0,4 à 10 %). Cependant, leur propagation s’accroît avec une tendance claire : depuis des années, les cas se déplacent progressivement vers le sud et l’ouest du pays.
Entre 2005 et 2024, le Centre national de référence a enregistré un total de 2.046 cas de fièvres hémorragiques à syndrome rénal. L’année 2021 a marqué un pic avec 320 infections, tandis que la baisse observée en 2013 (14 cas) souligne les fluctuations naturelles.
Le campagnol roussâtre reste le principal réservoir du Puumala, le virus le plus répandu. Son habitat dans les forêts du nord-est a longtemps dominé l’endémie. Mais des signes indiquent une progression vers des régions moins connues : la Côte-d’Or, l’Ain ou même le Rhône.
Deux autres souches ont été identifiées récemment : le virus Tula dans le Jura et Landiras en Aquitaine. Les scientifiques alertent sur la nécessité d’accroître les mesures de surveillance pour éviter des pics inattendus.
L’Institut Pasteur rappelle que, bien qu’insuffisamment connu, ce danger est en pleine ascension dans le pays. Les forêts françaises, souvent vues comme des espaces naturels, deviennent ainsi des zones critiques où la vigilance est devenue essentielle.













